Les premières œuvres de Jürgenssen dénoncent l’assignation domestique : elle y incarne la ménagère absorbée par les objets du foyer, jusqu’à littéralement se confondre avec eux. Tabliers transformés en fourneau ou membres métamorphosés en chaussures à talons composent une satire des stéréotypes et des fétiches qui réduisent les femmes à leur fonction ou à leur apparence.
D’autres images, proches du théâtre macabre, la montre masquée ou posant avec un crâne : dans ces variations autour de la danse avec la mort, elle explore la vulnérabilité du corps féminin et les tensions entre désir, effacement et résistance. Elle se transforme aussi en animal, immergée dans un monde régi par les instincts de survie.
Sa série Body Projections prolonge cette réflexion en faisant du corps un écran et un support d’inscription. Elle y projette sur sa peau ses dessins, fusionnant motif et chair. Ces photographies, où le corps devient à la fois lieu et objet de projection, révèlent comment les normes culturelles, les fantasmes et les récits collectifs imprègnent l’identité féminine.
Réunies ici, ces photographies dévoilent une traversée sensible et critique des représentations du féminin, entre ironie, métamorphose et prise de pouvoir par l’image.
(C) ADAGP, 2026
Courtesy Estate Birgit Jürgenssen & Galerie Hubert Winter, Vienna
