Un lieu peut-il avoir une âme ?
Une âme comme ce qui le tient, le structure, une âme cachée, portée par sa construction même ? Une âme de fer et de glace, métal coulé, riveté, une âme de pierre et de feu ?
Comment atteindre cette âme ?
Comme lui parler, comment la faire parler ?
Pour entrer en résonance avec un objet, on peut essayer de le faire vibrer.
Tout objet a une fréquence de résonance propre, simple ou multiple, complexe de sa nature, sa composition, ses alliages.
Le film parle d’air, de sa circulation, du volume d’air d’un espace, d’un poumon, de l’air qui vibre, depuis la voix de ses deux personnages jusqu’à nos oreilles.
Il dit que nos corps se connectent à de multiples choses, un bâtiment même, que leur rencontre produit une âme, éphémère, légère, impressionnante, qu’une onde s’intensifie toujours au contact de son corps de prédilection.
Il dit, avec Alvin Lucier, que nous ne sommes seuls qu’avec les fantômes dont nous acceptons la compagnie, que nos âmes vibrent toujours à la recherche d’un unisson, que nous devons chercher sans relâche l’accord qui nous dépassera.

